Spidfux a écrit:
Il semble que la France "sauvage" ait connu régulièrement des attaques d'animaux semblables entre les années 1500 et 1800.
Cette idée est très nettement à relativiser selon moi.
En page 260 de son livre
La Bête du Gévaudan, l'innocence des loups, Michel Louis cite l'étude entreprise par un certain Delisle de Moncel, faite à partir des registres paroissiaux, lesquels mentionnent souvent les circonstances du décès si celles-ci sont jugées particulières. Il est ainsi parvenu à estimer que des animaux dévorants étaient à l'origine de 50 décès par an sur l'ensemble de la France. Rapporté à la période mentionnée par Spidfux, c'est effectivement très impressionnant avec un total de 15.000 décès.
Mais cette étude présente de nombreuses failles, qui M. Louis ne manque d'ailleurs pas de souligner avec justesse.
Premièrement, on ignore dans quelles conditions elle a été menée. Il est douteux que M. Delisle de Moncel ait épluché les registres de toutes les paroisses de France : il a vraisemblablement extrapolé à partir de ceux d'une région donnée.
Il convient ici de rappeler que les loups, très nombreux à l'époque, sont volontiers nécrophages. C'est-à-dire qu'ils ne dédaignent pas manger un cadavre lorsque l'occasion s'en présente, y compris celui d'un humain. Ceci s'applique aussi aux chiens errants. Récemment dans ma région, on a retrouvé le corps d'un homme âgé qui vivait seul chez lui avec des chiens et décédé il y a plusieurs semaines : il avait été dévoré
post mortem.
Autre rappel : à l'époque moderne (grosso modo 1500-1800), la médecine-légale n'existe pas. On ne cherchait pas à déterminer les causes réelles du décès et l'on se contentait des causes apparentes. Donc toute personne retrouvée dévorée voyait sa mort attribuée à un animal dévorant, ce qui est parfaitement logique, mais pas forcément juste.
J'en reviens maintenant à l'étude de Delisle de Moncel : on ignore dans quelle région elle a été menée. Si elle l'a été dans une région très boisée, encore un peu "sauvage", où les loups étaient nombreux, il est logique que le nombre de corps retrouvés soit important : si l'évaluation faite par Delisle est extrapolée à partir des statistiques d'une région de ce genre, elle se trouve faussée car le nombre de "victimes" est surévalué. Bien sûr ce n'est qu'une possibilité, mais il convenait de la rappeler pour que les évaluations parlant de "milliers de victimes" soient quelque peu modérées, car discutables.
Il y a d'autres facteurs, plus certains, qui conduisent à réduire de façon considérable le nombre de décès attribuables à des bêtes dévorantes. On a vu que les loups étaient nombreux et nécrophages, et que toute personne retrouvée dévorée était réputée avoir été tuée par l'animal qui l'avait mangée. Or il y a bien d'autres causes de décès possibles : maladie, malnutrition, froid, accident, brigandage, meurtre, viol... Les enfants et adolescents qu'on envoyait garder les troupeaux étaient les victimes privilégiées d'agressions en tous genres (cf.
L'impossible mariage, d'Elisabeth Claverie et Pierre Lamaison) qui se déroulaient le plus souvent sans témoin. Avec un mort ou un agonisant laissé sur place et les loups qui pullulaient, la probabilité que le malheureux soit dévoré ou achevé par ces animaux, d'ordinaire particulièrement craintifs à l'égard de l'homme, est assez élevée. Et lorsque le cadavre était découvert, on criait au loup ou à la Malebête, d'autant plus que les marques d'une agression humaine se trouvaient souvent dans l'estomac des animaux dont on faisait des coupables.
Pour la même raison, certaines victimes attribuées à la Bête du Gévaudan sont peut-être mortes pour de toutes autres raisons.
Ceci affaiblit considérablement le nombre de décès réellement imputables à une bête sauvage, et les 15.000 morts (sur 300 ans et 500.000 km²) fondent comme neige au soleil.
Autre facteur à prendre en compte : la rage. De nombreux documents, notamment ceux relatant des attaques devant témoins, parlent ouvertement d'animaux enragés, comme le
Journal d'un bourgeois de Paris au XVè siècle. Il est bien évident qu'un animal enragé s'attaquera à n'importe quoi et n'importe qui. Encore des victimes de moins pour les animaux dévorants attaquant délibérément l'homme, notamment celles décédées plusieurs jours ou semaines après l'attaque.
Dernier point qui a son importance : les chiens de guerre. Jusqu'au XVIè siècle les armées européennes utilisaient volontiers des chiens dressés à l'attaque lors des batailles rangées. On sait que ces animaux sont particulièrement redoutables parce que versatiles, agressifs et puissants. Or nombre d'entre eux ont dû être relachés dans la nature ou laissés en "semi-liberté" à toutes les époques. Se croisant entre eux, avec d'autres chiens errants ou avec des loups, ils ont probablement fait souche et constitué des hordes qui, contrairement aux loups, ne craignaient pas forcément l'homme, et l'ont probablement de temps à autres ajouté à leur menu. Les chiens de berger eux-mêmes, souvent mal nourris (encore aujourd'hui d'ailleurs !) et à l'agressivité délibérément entretenue, ont pu agir de même.
Le témoignage se rapportant à la bête de
Benais (sur laquelle un topic a été créé sur ce forum) évoque un comportement typique du chien :
Ces bestes estoient presque de la façon d'un loup, sinon qu'elles avoient la gueule plus grande. Lorsqu'elles voyoient des personnes, elles le flattoient à la manière d'un chien, puis lui sautoient à la gorge.
Ce facteur combiné aux deux autres fait que les chiens errants, la rage et la criminalité suffisent amplement, je pense, à expliquer la mortalité attribuée aux animaux dévorants sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir un éventuel cryptide (animal relevant de la cryptozoologie).
Citation:
L'affaire de la bête du Gévaudan est visiblement la seule qui ait été accompagnée d'exactions humaines.
Dans tous les cas, les victimes étaient parfois attaquées dans les villages, et souvent décapitées. Les meutres sont quasiment identiques aux premiers de l'affaire du Gévaudan.
Même lors de l'affaire du Gévaudan, les décapitations furent relativement marginales : 14 sur un total de 250 agressions, dont 120 mortelles. Je ne connais pas d'autres cas, hormis deux victimes décapitées lors de l'affaire de la Bête des Cévennes (ou du Vivarais), sur un total de 20 décès (dont 1 imputable à la rage). Donc le mot "souvent" ne convient pas du tout. Quant aux attaques dans les villages elles me semblent elles aussi marginales.
En tout cas, ces deux particularités sont signées de la main de l'homme : aucun animal ne décapite ses proies, et aucune bête sauvage ne pénètre dans les villages pour y assouvir sa faim. Il faut pour cela une extraordinaire familiarité avec l'espèce humaine. En outre, l'absence d'expertise médico-légale et d'enquête de police a peut-être conduit à négliger des traces impliquant des êtres humains.
D'ailleurs, le fait d'invoquer un cryptide pour expliquer ces agressions me paraîtrait fondamentalement incohérent (comme l'a d'ailleurs souligné
harkaniro) : comment un animal assez discret pour rester inconnu de tous ou au mieux mythique, serait en même temps assez familier de l'homme pour aller le dévorer en plein village ?
Citation:
On parle bien des loups, mais également de "bêtes sauvages", preuve qu'ils ne savaient pas exactement à quels animaux ils avaient affaire.
Pour moi c'est surtout la preuve que peu de décès avaient lieu devant témoins, et étaient donc directement imputables à des animaux sauvages.
Cela montre aussi que ceux qui vivaient au voisinage des loups savaient très bien qu'un loup en bonne santé n'attaque pas l'homme. Il en allait dans même pour les chiens, du moins dans le système de représentation culturelle de l'époque, système qui a encore la vie dure aujourd'hui. La plupart des gens craignent le grand méchant loup en ignorant que leur brave berger allemand est plus dangereux pour leurs enfants !
Citation:
C'est une liste exhaustive assez ennuyeuse, je l'avoue, bien que j'en ai passé. Il y a encore beaucoup de séries d'attaques de bêtes, dont les détails sont importants pour faire les divers rapprochements.
Il convient de se méfier des chiffres avancés par les chroniqueurs, lesquels n'ont parfois mené aucune enquête sur les faits qu'ils rapportent. Dans l'affaire de Benais, le curé de Varennes parle de plus de 300 morts, alors que l'étude détaillée des registres paroissiaux de la région, faite par Marie-Rose Souty, n'a permis de retrouver "que" 72 victimes.
Citation:
Vu comme ça, les régions boisées françaises de l'époque n'étaient pas très sûres. Mais cela se comprend, à une époque ou le climat rude de l'hiver n'offrait que peu de nourriture aux grands prédateurs, ils n'avaient d'autre choix que d'attaquer l'homme.
Si les grands prédateurs ont pu pulluler dans les campagnes françaises, c'est qu'ils avaient suffisamment de nourriture, humains morts compris, pour se dispenser d'attaquer les vivants. Dans le cas contraire, comment expliquer que l'accroissement de la population humaine coïncide avec la diminution du nombre de prédateurs ? C'est l'inverse qui aurait dû se produire, si ces animaux se nourrissaient réellement de l'espèce humaine !
Sur l'ensemble du XIXè siècle, dans le département de l'Indre, 4.500 loups ont été abattus. Ils ont dans le même temps causé 4 décès, tous imputables de façon sûre à la rage. Qu'ont-ils mangé alors ?
Que l'on parle d'un éventuel cryptide et pas de loups ne change rien à l'affaire. S'il y avait assez de nourriture pour tous les loups de France, il y en avait aussi pour une espèce cachée à l'effectif forcément plus restreint, sans que celle-ci ne soit obligée de se défaire de sa discrétion pour attaquer des humains en plein village.
Citation:
Même à une époque très récente, une bête ayant des caractéristiques communes avec les bêtes du passé est réapparue. Dans le département du Var, en 1966, un canidé de grande taille, atypique et à la fourrure rousse, s'est approchée à environ 30 mètres d'un agriculteur dans son tracteur en rampant.
Il y a eu aussi un témoignage rapportant un grand fauve au pelage beige-roux dans ma région d'origine, le nord de l'Isère. Un seul témoignage, une semaine de battues mobilisant des dizaines de pompiers et de gendarmes... et rien. Il s'agissait certainement d'un grand chien errant : j'en ai déjà vu des plus gros que la Bête du Gévaudan, qui mesurait déjà 90 cm au garrot, avec aussi ce pelage brun-roux. Ce n'était pourtant pas un cryptide puisqu'il se promenait tranquillement avec son maître à Lyon, sur les berges du Rhône. Pour peu que ce soit un batard croisé avec un peu n'importe quoi, il aura effectivement un aspect atypique, sans pour autant que cela fasse de lui autre chose qu'un chien. L'affaire de 1966 s'inscrit probablement dans le même cadre.
Citation:
rapellons nous que la bête du Gévaudan avait également coutume, comme les renards, d'emporter la tête de ses victimes
14 fois sur 120 meurtres, ça reste occasionnel comme habitude. Une seule et unique fois sur les 14, on a vu la Bête emporter une tête dans sa gueule, ce qui ne permet pas d'exclure que la décapitation ait été opérée par son maître, si tant est qu'elle en eût un (ce qui est mon avis). Donc rien ne permet d'affirmer que la décapitation des proies constituaient chez la Bête du Gévaudan un comportement atavique propre à une espèce inconnue.
J'ajoute que pour la Bête du Gévaudan les décapitations sont attestées par des documents, dont la plupart émanent de l'administration royale. Est-ce le cas pour les décès attribués au mystérieux
waheela du Yukon ?
Citation:
Yvan Sanderson, un ancien zoologue et cryptozoologue avait reçu, au milieu du siècle dernier, de nombreux rapport sur le Waheela d'un certain Frank, qui avait été confronté à un loup blanc à l'épaisse fourrure et imposant lors d'une chasse dans la Nahanni Valley. Il afirme avoir fait feu de son fusil de calibre 12 en plein flanc de l'animal à quelques mètres de distance. Celui-ci aurait reçu la décharge sans broncher, et serait reparti dans la forêt comme si de rien. Croyant avoir tiré sur un loup, il en parla au retour de son partenaire de chasse Amérindien qui après un long moment de silence lui avoua qu'il n'avait pas tiré sur un loup, mais sur un Waheela. Cette résistance rapelle également l'affaire de la bête du Gévaudan, et là aucune cuirasse n'était possible.
On passera sur la possibilité que le témoin ait observé un individu albinos. Comment est-il certain d'avoir fait mouche, alors que l'animal n'a même pas bronché ? La simple force des plombs aurait dû le faire bouler, voire lui briser une côte à une distance aussi réduite, même avec une peau aussi épaisse que celle d'un sanglier mâle adulte. Ceci est très différent des rapports concernant la Bête du Gévaudan, qui affirment que celle-ci tombait et/ou criait lorsqu'elle était touchée. Je pense que Frank a tout simplement manqué sa cible !
Citation:
En tout cas, il n'est aucunement question d'un loup, d'une hyène, d'un lion ni quoique ce soit de ce genre, c'est assurément un animal assez rare et très probablement non répertorié dans les listes zoologiques. Bien sûr, ça n'est que mon opinion.
Une opinion très intéressante et qui a le mérite d'être originale sans être outrageusement exotique ou farfelue. Elle ravive le débat sur la Bête, même si à mon sens il y a d'autres explications plus économiques à la mortalité attribuée aux "animaux dévorants" en France à l'époque moderne.
Cleitos a écrit:
Je ne sais pas si ça a été dit, mais je la trouve très sélective cette bête quand même.
Plusieurs membres de ce forum ont souligné les causes de cette sélectivité qui n'est d'ailleurs qu'apparente. Je me permets ici de rajouter quelques statistiques que j'ai compilées à partir du livre de Michel Louis.
Celui-ci attribue à la Bête 235 attaques impliquant 253 victimes, la Bête ayant parfois pris à partie plusieurs personnes lors d'une même attaque contre un groupe.
Le sexe de ces personnes est connu de façon certaine pour 230 d'entre elles, les autres étant désignées de manière indéterminée.
Les chiffres sont éloquents : 110 hommes pour 120 femmes, soit 48% contre 52. La parité, à peu de chose près. C'est ce qu'a rappelé à raison
Spidfux : la Bête n'est pas sélective au sens où elle attaque des individus de tous âges et des deux sexes.
Cependant, les enfants et les adolescents semblent surreprésentés. D'abord parce que la population était très jeune à l'époque, mais aussi et surtout, comme l'a dit
Arkayn, parce qu'ils étaient affectés à la garde des troupeaux, une tâche faisant d'eux des proies faciles car isolées. Alors que les hommes adultes travaillaient plutôt en groupes, dans les champs, ou en forêt comme bûcherons, ce qui incitera un animal à davantage de prudence.
L'idée que la Bête s'attaquait surtout aux femmes et aux enfants vient du fait que la plupart du temps, on se réfère aux victimes
tuées par la Bête et non à l'ensemble des personnes attaquées : 37 hommes pour 77 femmes, soit 2/3 de victimes féminines. La raison de cette disproportion est simple est a été rappelée par
Jonathan Livingstone : les femmes n'étaient ni équipées ni entraînées pour se défendre, si l'on ose dire, bien que certaines d'entre elles se défendirent brillament.
Spidfux a écrit:
Oui tu as tout à fait raison, mais néanmoins, le Waheela est connu depuis des siècles chez les Amérindiens de là-bas, auquel ils consacrent une partie de leur folklore, l'assimilant à un loup démoniaque. D'ailleurs, la cryptozoologie se fonde la plupart du temps sur des dires d'autochtones ou de populations primitives qui en général connaissent l'animal, supposé existant, depuis très longtemps, et qui intègrent leurs croyances ou qui cohabite avec eux, et c'est souvent à partir de témoignages de ce genre et souvent des dizaines d'années de recherches, qu'un animal est "re-découvert" par la science.
L'existence d'une créature dans le folklore n'est pas la preuve de sa réalité zoologique. C'est un bon indice pour orienter des recherches, contrairement à la méthode zoologique classique qui s'en remet au hasard pour ses découvertes, mais n'offre aucune certitude. En ce sens, la cryptozoologie aurait meilleur intérêt à se présenter comme une méthode de recherche zoologique que comme une science à part entière.
Et même si l'on admet que l'existence de créatures dévorantes dans le folklore repose sur une base réelle, rien ne garantit que cette base est un authentique cryptide. Certains criminologues pensent aujourd'hui que les loups-garous et autres animaux dévorants sont nés à la suite des agissements de tueurs en série, dont les victimes ont sans doute été à l'occasion dévorées post mortem par la faune sauvage.
Citation:
En outre, je pense qu'en France, s'il existait une variante du Waheela, il serait plus petit que son congénère du Canada, et aussi plus craintif.
On retombe sur ce qui a été dit plus haut : si le
waheela européen est craintif, il est très improbable qu'il mette malgré tout l'homme à son menu, et on ne saurait alors lui attribuer les crimes imputés aux animaux dévorants.
Citation:
Je pense surtout qu'en fait, comme un animal s'adapte à son environnement, les vastes forêts canadiennes sauvages et préservées et forêts françaises sauvages et intactes de l'époque, comparées aux forêts françaises plus réduites et exploitées d'aujourd'hui, expliqueraient une évolution de l'animal vers une plus petite taille.
Attention : un animal ne s'adapte à son environnement que contraint et forcé. En clair, le
waheela européen ne serait pas devenu plus petit pour se faire plus discret, mais parce que la quantité de nourriture disponible s'est réduite, limitant la croissance des individus.
D'ailleurs si l'homme faisait partie de son régime alimentaire, la disparition progressive des autres sources de nourriture aurait dû pousser ces animaux à attaquer plus souvent l'homme, et à se faire moins discret. Or c'est le contraire qui s'est produit : il y a là incohérence. Je doute qu'une espèce ait pu changer son comportement vis à vis de l'homme en l'espace de quelques décennies.
Citation:
Je pense qu'il y a 230 ans, les hommes étaient moins bien armés, moins intelligents (et donc moins prudents), et surtout il se baladaient souvent seul, avec des outils rudimentaires, ce qui mettait l'animal probablement plus en confiance que d'attaquer un homme habillé bizarrement, dans une énorme machine qui bouge toute seule, et qui lui jette des objets à la truffe.
L'idée que les gens étaient moins intelligents il y a 230 ans est un poncif dont il faut se débarrasser absolument. On peut être intelligent sans pour autant savoir lire ou écrire. Ces gens étaient superstiteux et illettrés, mais savaient aussi capturer des loups en les rabattant vers de simples fosses. Il paraît même qu'ils cultivaient des champs, construisaient des maisons, voire des villes, et vivaient en sociétés organisées.

En outre je ne vois pas en quoi les vêtements contemporains seraient plus bizarres que ceux du XVIIIè siècle pour un animal. Quant à jeter des pierres à un animal, il n'est pas nécessaire d'être titulaire d'une thèse universitaire pour y parvenir.
Citation:
N'oublions pas que c'est un animal extrêment sauvage et primitif, qui donc n'est pas habitué à l'homme.
Justement. Un animal qui n'est pas habitué à l'homme, comme à quelque autre espèce que ce soit du reste, s'en méfie et a tendance à le fuir. Alors que les animaux habitués à sa présence ou imprégnés ne le craignent pas. Pénétrer dans un village pour y enlever une petite fille dans le but de la dévorer ne peut être le fait que d'un animal dressé ou imprégné et non d'un animal sauvage, fût-ce un cryptide.
Citation:
pourtant rapellons que des milliers de personnes sont mortes sous les crocs de ces supposés animaux.
On a vu que cette affirmation était à relativiser de manière considérable.
Citation:
Les scientifiques (pourtant je le suis aussi à la base) aiment dire qu'un animal dont on a aucune preuve de l'existence n'existe forcément pas.
C'est dommage parce que c'est impossible. Ce n'est pas parce qu'on a jamais vu de corbeau blanc qu'on n'en verra jamais, mais cela ne veut pas dire que le corbeau blanc existe.
Citation:
Comment peut on croire avoir répertorié toutes les espèces animales de grande taille sur terre???
Personnellement je ne le crois pas. Il faut cependant se rappeler qu'une vallée inexplorée de Nouvelle-Guinée a bien plus de chances de recéler de grands animaux inconnus que les vallées anthropisées d'Europe occidentale.
Randolph Carter a écrit:
Il devait y avoir des protections, un refuge (on parle souvent du Mont Chaumet pour le Gevaudan, un lieu bordé par une forêt dans laquelle la bête était souvent rentrée avec des chasseurs ou des soldats aux fesses pour y disparaître comme par enchantement.
Il s'agit du bois de la Ténazeyre qui couvre le sommet du mont Mouchet, juste au-dessus du village d'Auvers sur le territoire duquel fut tuée la Bête. C'est effectivement une forêt très escarpée, faite de petits sapins très serrés s'accrochant à un sol calcaire rocailleux et accidenté. Rien d'étonnant à ce qu'un animal ait pu y semer ses poursuivants humains et y avoir quelque refuge.