Le Lycaon a écrit:
Ce que tu dis est partiellement faux, étant donné que les femelles ligresses ou tigronnes sont fertiles.
En effet, j'ai parlé un poil trop vite et j'aurais dû le préciser : les femelles de tigron et de ligre ne sont que partiellement stériles, et on peut arriver avec plus ou moins de succès (le taux de grossesses arrivant à terme est très faible) à obtenir des hybrides de seconde génération. A l'inverse des mâles qui eux sont définitivement stériles...
C'est une exception propre aux félins, liée au fait que toutes les espèces du genre
Panthera (et du genre
Félis) sont phylogénétiquement encore assez proches les unes des autres, malgré leurs différences phénotypiques.
Le Lycaon a écrit:
La biologie est une science assez inéxacte, qui ne procède pas par vrai ou faux, ou par théorie absolue.
Ce n'est pas exactement ça.
C'est plutôt que le domaine du vivant est tellement vaste et tellement complexe, qu'on arrive toujours à trouver des exceptions aux règles et aux lois qu'on voudrait poser...
Le Lycaon a écrit:
L'idée que le déficit d'hormones mâles chez les ligres et les tigrons provoquent la stérilité n'est pas si absurde, vu que les femelles arrivent à produire des ovules "sains" !
Ce n'est pourtant pas "un déficit d'hormone" qui est responsable de la stérilité des mâles de tigrons et ligres... car un tel déficit se serait manifesté avant tout -et surtout- par un retard de croissance et des caractères mâles très atténués.
L'individu aurait été effeminé... Or ce n'est pas le cas. Et de toute façon, la stérilité chez les mâles (les vrais, les durs !) n'est que rarement liée à des problèmes hormonaux.
La stérilité des mâles opposée à la relative fertilité des femelles est un exemple concret de la règle de génétique nommée la
loi de Haldane (qui s'applique à tous les animaux dont le sexe est déterminé par l'homozygotie/l'hétérozygotie de chromosomes sexuels).
"Chez les hybrides de deux espèces différentes, si un des deux sexes est stérile, alors il s'agit du sexe hétérogamétique."Il existe différentes théories pour expliquer la loi de Haldane :
- la plus retenue est que chez un génotype hétérozygote XY, un allèle récessif du chromosome X s'exprime, alors que chez un génotype homozygote XX il faut que les deux allèles soient récessifs pour que l'expression ait lieu.
NB : J'ai bien entendu pris ici l'exemple des mammifères (XY = mâle, XX = femelle), mais les choses sont différentes pour d'autres classes d'animaux. Les oiseaux obéissent par exemple au système WZ, on a alors : ZZ = mâle, WZ = femelle. C'est l'inverse des mammifères.
- une autre explication avancée est que la barrière reproductive (qui empêche la reproduction entre deux espèces) seraient davantage associée au chromosome Y qu'au chromosome X...
Bref comme tu vois Le Lycaon, dans le cas qui nous concerne (les félins) c'est clairement un problème génétique qui est responsable de la stérilité des mâles. Rien à voir avec les hormones...
Le Lycaon a écrit:
De fait un croisement, ou un hybride ne fait pas toujours ce que l'on souhaite. Les abeilles "africanisés " sont un bel exemple.
Les scientifiques voulait récupérer les qualités des abeilles africaines, productrices mais agressives, et celles des européennes dociles mais peu productives.
Au bilan, une race d'abeille ultra agressive, et pas si productrice que ça...

Parce qu'il est toujours très difficile de prédire le résultat d'une hybridation.
Le croisement peut faire ressortir des caractères endormis chez les parents, ou au contraire l'hybride ne sera pas un croisement parfait entre ses deux parents mais tiendra plus de l'un de deux... Appelez cela les "hasards de la génétique"...
Le Lycaon a écrit:
Si je croise un lévrier avec un pitbull, en espérant avoir la force du second et l'endurance et la célérité du premier, je peux y arriver mais aussi obtenir un résultat complètement inversé comme pour les abeilles.
Oui, enfin, dans une certaine limite : de façon imagée, il ne faut pas s'attendre non plus à ce que le croisement d'un lévrier et d'un pitbull donne un chat.
Le génotype ce n'est pas tout, le phénotype joue aussi un grand rôle. Pour reprendre l'exemple de ton croisement pitbull X lévrier, ton hybride :
- n'aura pas, de toute évidence, la carrure fine et élancée de son parent lévrier, et il ne pourra pas courir aussi vite.
- et à l'inverse, il n'aura pas la musculature très développée ni la carrure lourde de son parent pitbull, il sera donc moins costaud et moins adapté au combat.
Le Lycaon a écrit:
Dans l'affaire du gévaudan, on a tout de même une bête qui assure dans plein de domaines, endurance, sprint, force des machoires, patte postérieure musclée pour simuler la station debout etc.
Gardes cependant à l'esprit que les hybrides ne sont que très rarement des "bêtes de courses". Ce sont la plupart du temps des animaux inaptes, handicapés par des grosses tares physiques, d'une santé fragile et manifestant un retard mental plus ou moins profond.
C'est notamment le cas des tigrons et des ligres...