Egas a écrit:
En quoi est-ce une preuve ? Les dents, ça se s'arrache...
Justement, ici c'est dans l'autre sens : hyène 34 dents, bête du Gévaudan 42 dents.
Citation:
Les hypothèses les plus plosibles que l'on a aujourd'hui sont :
-un tueur en série s'attaquant aux femmes et aux enfants,
-un animal rammené d'Afrique (une hyène pour certains),
Il en manque une plus plausible encore : un canidé d'élevage (chien ou chien-loup) dressé à tuer par un ou plusieurs tueurs sanguinaires.
Quant à l'idée que la bête ne s'attaquait qu'aux femmes et aux enfants, elle est biaisée car généralement basée sur le décompte des morts et non de l'ensemble des personnes attaquées. Par exemple, la proportion de femmes parmi les victimes s'élève à 75% dans le premier cas, mais à seulement 50% dans le second. Des hommes adultes ont été attaqués à plusieurs reprises. En fait, l'examen de la liste des victimes montre que la Bête s'attaquait à ce qu'elle trouvait le plus facilement : des bergers, nombreux sur cette terre d'élevage qu'était le Gévaudan, et qui étaient surtout des femmes et des enfants isolés, auxquels on confiait la garde des troupeaux, jugée moins pénible par rapport aux labours ou au bucheronnage.
Citation:
Pour ce qui est de l'hypothèse du "tueur", il y a ceci comme "preuves" :
-les victimes ont toutes étaient retrouvées dans une même zone, proche d'une cabane dans laquel y vit un homme solitaire,
Tout est relatif. De juin 1764 à mai 1765, la Bête commet plus de cent attaques à travers un territoire grand comme la moitié d'un département français, s'étendant du Vivarais aux contreforts de l'Auvergne, et de l'Aubrac aux gorges de l'Allier. C'est seulement à partir de mai 1765 qu'elle se fixe autour du Mont Mouchet, dans un rayon beaucoup plus restreint.
Citation:
-les têtes sectionnées ont étaient posées près des corps presque toutes dans la même une position, et je dis bien "posées" et non "trainées",
De fait, la médecine-légale n'existait pas encore et les enquêteurs n'avaient aucun moyen de vérifier si les têtes décapitées étaient posées et non traînées. Dans ce domaine, je dirais que les indices en faveur d'une intervention humaine sont :
- le fait que la Bête attaque délibérément et systématiquement l'être humain pour s'en nourrir, habitude rarissime dans le règne animal, qui suppose donc un dressage ;
- les décapitations (14 en tout) elle-mêmes, ce comportement n'étant pas non plus observé dans la nature (du moins, pas dans les conditions dans lesquelles elles ont été opérées dans l'affaire qui nous occupe) ;
- dans deux cas, les mises en scène macabres opérées sur les victimes avant la découverte des corps (têtes reposées sur le tronc, victimes rhabillées...).
Citation:
-certains disent que cet homme possèdait des peaux de loups, pouvant servir de "déguisement" lors d'agressions,
-on pense aussi que cet homme avait un faible pour certains animaux dont les loups, et pour honorer ou venger la mort de certains, il aurait commis des crimes...
Ce sont malheureusement des "on-dit" invérifiables, trop peu pour incriminer sérieusement Antoine Chastel (puisque c'est de lui dont il est question ici).
Citation:
-les victimes n'ont pas étaient dévorées, donc peu de chance qu'il s'agisse d'un prédateur...
C'est inexact. De la liste d'attaques fournie par Michel Louis dans son livre consacré à l'affaire, j'ai noté 84 victimes dévorées sur 120 morts. S'il est possible que certains corps aient été dévorés post mortem par les loups après que la Bête ait disposé d'eux, en revanche, une trentaine de victimes ont été tuées devant témoins et que dans certains cas, la Bête soit à commencer à dévorer le corps, soit a été surprise en train de le faire par ceux qui ont découvert le cadavre.