Randolph, je sais que ton opinion sur le sujet est déjà faite et qu'elle n'a pas besoin d'être informée davantage.
Néanmoins, pour l'information de nos lecteurs, j'aimerais formuler quelques remarques.
Randolph Carter a écrit:
Parmi les témoignages officiels de l'époque, revenait souvent le terme " Pas de chez nous ", ça me laisse perplexe. Pour des gens habitués à cotoyer loups, chiens loups (assez fréquents aussi à l'époque) , ours et autres prédateurs, je pense qu'ils avaient de sérieuses raisons d'avoir peur de cet animal attaquant même en plein jour.
N'oublions pas que dans cette description, il y a aussi une dimension culturelle. Le comportement de l'animal, tout autant que son aspect physique, était "étranger" pour les paysans du Gévaudan : attaquer l'être humain de la sorte n'est le fait d'aucun animal de leur terroir, loup ou autre. Le terme "pas de chez nous" est aussi à prendre comme "on a jamais vu un animal de chez nous se comporter de la sorte".
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Alors, même avec une armure, ils auraient bien fini par l'avoir cette bête, seulement non, car elle s'éclipsait rapidement pour parfois apparaître dans un autre village.
Denneval, et à sa suite nombre d'auteurs, ont étudié avec soin les déplacements de la Bête à partir de la répartition géographique des attaques. Tous en sont arrivés à la même conclusion : ils sont compatibles avec la thèse d'un animal unique. Des déplacements de l'ordre de 40 km par jour ne sont pas un problème pour un grand canidé en bonne condition physique.
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-Un ou plusieurs individus très organisés
L'affaire porte la marque de l'homme, c'est manifeste.
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-Un repère de chasse
Une forêt escarpée comme l'est celle de la Ténazeyre suffit amplement.
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-Un seigneur local pour effacer les pots cassés
Plausible, mais déjà plus spéculatif. Il peut paraître étonnant que les maîtres de la Bête aient pu oeuvrer pendant 3 ans sans protection, mais n'oublions qu'à l'époque la population est bien moins contrôlée qu'aujourd'hui. N'oublions pas aussi qu'en dépit des témoignages, les autorités cherchaient un loup et n'avaient pas de raisons de soupçonner un homme.
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-Une famille, les Chastel, dont un fils frôlant la psychopathie se balladant dans la région comme un sauvage, parfois vêtu de peaux (certains témoins l'attestent) et piquant parfois une tête dans les rivières avec des animaux...
Je te l'ai déjà dit : tu t'appuies trop sur Chevalley, comme beaucoup d'accusateurs des Chastel. Chevalley reste un romancier et non un historien, même si son livre s'appuie sur la tradition orale. Celle-ci est intéressante mais n'a pas valeur de preuve, dans la mesure où elle peut aussi bien garder le souvenir de faits réels que de rumeurs sans fondements.
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-Un animal quand même sacrément malin, obéissant, féroce, tueur, rapide et puissant.
Toutes les qualités qu'ont peut attendre du produit d'un loup et d'une chienne...
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Plutôt allongé de corps, museau allongé, bas sur les pattes de devant, courant très vite, emportant un jour dans sa gueule un des frères portefaix sur plusieurs centaines de mètres.
-Taille : celle d'un veau bien portant d'au moins un an
N'oublions pas qu'on l'a autopsiée : 77 cm au garrot, 190 cm de longueur queue comprise, environ 40 kilos.
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-Les vaches n'ont pas peur d'elle et la chargent
Elles agiraient de même avec n'importe quel prédateur je pense.
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-Un individu pervers relayant les actes de la bête, avant, pendant et après.
C'est ce que laissent supposer les décapitations et mises en scène ayant accompagné certains meurtres.
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-On décrit des écailles, donc une armure...
Des écailles ? Hormis dans les gazettes et les ragots de colporteurs, je ne pense pas qu'aucun témoin direct en ait fait mention.
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-Ligne rousse sur le dos...
Elle était plutôt noire. C'est la fourrure des flancs et des pattes qui était rousse.
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-Approche ses victimes sur le côté, comme un chien voulant faire la fête, pas d'aboiements mais un grognement qui s'amplifie à mesure qu'elle approche...
Le cas de Jean Teysseidre, attaqué en septembre 1765, est éloquent : la Bête s'approche à découvert face à lui, à tel point qu'il la prend pour un chien et la laisse passer dans son dos, d'où elle se jette sur lui.
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-La queue qui bat, comme celle d'un chien...
Sans commentaire.
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Capable de se déplacer vite et loin, donc hypothèse de plusieures bêtes envisageable, une portée et des chiots....
On a vu que ces déplacements étaient compatibles avec un animal unique. Par ailleurs, aucune des 150 personnes attaquées par la Bête et ayant suffisamment vécu pour le raconter n'a rapporté avoir été pris à partie par plus d'un animal, ce qui n'aurait pas manqué de se produire en 250 agressions et 3 ans, s'il y avait eu plusieurs Bêtes...
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Un chien loup ???
Pas convaincu du tout.....
Pourtant, nombre de faits, y compris parmi ceux que tu rapportes, vont dans ce sens...
