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 Sujet du message: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Sam Janvier 30, 2010 20:58 
Etude d'un "lieu hanté" : le cas du Glandier (Beyssac, Corrèze)
(visité en 1989)

1ère partie :

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S'il y a bien un lieu qui fit couler beaucoup d'encre et de salive, c'est celui de la Chartreuse dite "du" ou "de" Glandier, situé en plein coeur de la forêt Corrézienne dans ce pays qui porte le nom de la plus divine des marquises, celui de Pompadour.

A l'origine, rien ne semblait vouloir encourager, dans cet endroit austère, rempli de bouleaux, de chênes (d'ou le nom) mais aussi de chataigners, la construction de quoi que ce soit d'important.C'était quasiment encore le domaine de la forêt dite "primaire".

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Mais les Chartreux, membres d'un ordre solitaire et mystérieux obéissant à l'orde de Saint-Bruno, fondateur de l'ordre trouvèrent l'endroit propice à la méditation et aussi à la métallurgie car ces moines là y construsirent une forge à proximité d'un gros ruisseau.( XIIIème siècle)

Sous la domination des très sanglants Vicomtes de Comborn (l'un d'entre eux se faisait surnommer le "boucher"), les Chartreux eurent une vie paisible sous la protection de ces seigneurs qui avaient fait le voeu incroyable de les protéger (vu leur cruauté)(1) et loin des grandes routes.

Il y survint bien quelques évènements curieux qui donnèrent à l'endroit une aura magique, le plus connu étant une prédiction faite par un frère charteux qui annonça à un petit garçon de la ferme la plus proche de cette Chartreuse un destin universel. La prophétie se révéla exacte, car ce petit graçon prénommé Etienne devint le Pape Innocent VI (1342-1352)(2)!

Ce fut ce fameux Pape qui intervint lors de la Guerre dite de "cent ans" et qui, il faut le reconnaitre, par son action, a réussi à sauver la France de l'absorbsion par l'Angleterre. La Charteuse devint célèbre dans toute la chrétienté de l'époque.

Au XVIIème siècle, la Chatreuse du Glandier fut attaquée par les Protestants de la région mais les moines ne furent pas massacrés car une "voix" (?) avertit ceux-ci avant l'arrivée de l'armée des pillards anti-papistes et ils se réfugièrent à Pompadour. La Chartreuse fut tout de même pillée et incendiée mais totalement reconstruite quelques années plus tard. Elle devint un établissement encore plus prospère de par sa production métallurgique, ses activités forestières, agricoles et d'élevage assurées par des métayers salariés de la communauté religieuse.

A la Révolution, une tragédie se prépare : la nuit du 4 aout (abolition des privilèges) sera fatale à la petite communauté religieuse, la Nation mettant la main sur les biens du clergé. De nombreux pères refusent de partir et préfèrent mourir de faim sur place ce qui est assez prodigieux car cela va mettre à l'encontre des préceptes de l'Eglise.

Dés la fermeture du monastère, les lieux furent soumis au pilage et les scépultures profanées. Les mois suivants, d'étranges incidents survinrent dans la région : incendie spontanée de granges, débordements à répétition de tous les ruisseaux et chutes de neige prodigieuses (plus d'1 mètre 50 de neige en avril 1794 à Pompadour) et très vite la population du secteur pensa à une vengeance post-mortem des Chartreux, morts de faim dans leurs cellules dirigée contre certains habitants de la région.

Mais le "meilleur" reste à venir... :?:

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...A suivre

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vicomt%C3%A9_de_Comborn
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Innocent_VI


Dernière édition par la chambre bleue le Mar Février 02, 2010 12:57, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Sam Janvier 30, 2010 23:10 
2ème partie

Aux premières années de l'Empire Napoléonien et donc du XIXème siècle, la Chartreuse du Glandier est vraiment dans un piteux état. Le pillage des premières années révolutionnaires terminé, le lieu se retrouva totalement abandonné et la nature reprit rapidement ses droits.

La Nation, ne sachant que faire, de ce qui se révéla comme un ensemble de bâtiments vides de meubles et de confort et, en outre, en très mauvais état, faute d'entretien correct, le vendit à un certain Chauffour... Celui s'était porté acquéreur de tout le domaine que pour pouvoir le démembrer et le vendre par lot à tous les paysans du secteur... Très vite, il ne lui resta plus que le secteur proprement dit du Glandier, c'est à dire les bâtiments du monastère, la Correrie (dépendance habitée jadis par les frères) et les environs immediats de ceux-ci.

Aucun paysan de Beyssac ou d'Orgnac (communes ou est implanté le monastère) ne semblèrent intéressés pour faire l'acquisition de tout le périmètre du fait du caractère ou moins sacré ( ou maudit :?: ) de ces lieux... Après quelques tentatives pour vendre par morceaux le monastère (et donc les cellules des moines) qui furent plutôt infructueuses, le sieur Chauffour parvint à vendre en 1837, le domaine de la Chartreuse du Glandier à un certain Jean-Bapstiste Lafarge, fils d'un juge de paix originaire d'une commune un peu plus lointaine (Vigeois). le nouvel acquéreur ne semblait pas du tout impressionné et décida même d'habiter les lieux, voire la maison même du Prieur. Ce qui se révéla, plus tard, une fort mauvaise idée. :|

Monsieur Lafarge avait des idées de grandeur. Il voulait, à lui tout seul, faire renaître la puissance de la Chartreuse mais à son unique profit et fit main basse sur ce qui lui semblalit le plus important : la forge. Car J-B Lafarge avait une idée fixe : les Chartreux avaient découvert un nouveau procédé d'affinage du fer et si le nouvel acquéreur peut mettre en place ce procédé, le commercialiser et importer le matériau ( la présence en grand nombre de forêt suffisait pour approvisionner la forge ), c'est la fortune assurée !! Emballé par son idée, J-B Lafarge entreprit d'aménager le Glandier à sa façon, il démolit plus ou moins une partie du monastère et au grand dam des paysans de la Région commença à retourner le cimetierre qui le génait.

Lafarge n'était donc pas superstitieux. Son vrai problème, c'était l'argent... Un gros souci de financement afin d'aménager son domaine et surtout, construire sa forge révolutionnaire !! Célibataire et endetté jusqu'au coup, il entreprit de "monter" à Paris pour faire un bon mariage avec une belle dot pour financer son entreprise.

Or, la poule aux oeufs d'or existait bel et bien : il y avait au nord-est de Paris dans un domaine près de Villers-Cotterêt, une jeune fille (riche) de 23 ans (née en 1816) qui répondait au doux nom de Marie Capelle, petite-fille d'une batarde d'un Prince du sang : Philippe d'Orléans, père décédé du Roi Louis-Philippe et plus connu sous le nom de Philippe Egalité, maudit par la famille pour avoir voté la mort de son cousin le roi Louis XVI en 1792... Cette jeune fille issue d'une bâtarde était donc rejetée de partout et le seul fait de porter le sang de Philippe Egalité lui faiait porter une sorte de malédiction. Il fallait qu'elle change d'air et qu'elle quitte Paris. Pourtant, un de ses amis, le célèbre Alexandre Dumas qui la connaissait depuis son enfance (ils portaient une sorte de "malédiction" commune) tenta bien de la dissuader. Rien n'y fit, Marie Capelle se voyait bien suzeraine dans un "chateau" qui au dire de son futur de son futur époux allait devenitr célébre dans le monde entier.

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Marie Cappelle devint donc Marie Lafarge une nuit pluvieuse à Paris (1839), puis gagna, non un château mais un monastère à moitié ruiné par les idées mégalomaniques d'un homme dévoré d'ambition.... Son mari, lui, est resté à Paris pour promouvoir son idée pendant que la nouvelle Madame Lafarge est au Glandier. Elle y fait, dit elle, de curieuses rencontres et déclare à qui veut l'entendre que ce lieu est hanté par un curieux moine à la longue robe blanche !

Elle achète de l'arsenic (mort aux rats) à la pharmacie d'Uzerche pour tuer tous ces nuisibles qui infectaient l'ancienne Chartreuse (il y en a encore plein 150 ans plus tard). Elle envoie aussi par porteur des gâteaux à son mari qui lors dés le premier jour de retour au monastère a une attaque et décéde au bout de quelques heures. On dira alors qu'il a été empoisonné à l'arsenic par son épouse Marie Lafarge qui se retrouvera jugée, condamnée et emprisonnée pour empoisonnement, sans l'ombre d'une preuve ! (aujourd'hui, on sait que J-B Lafarge n'a pas été empoisonné)

Elle fut donc bien emprisonnée (19 septembre 1840) et son grand oncle le roi Louis-Philippe refusa toute grâce à cette "bâtarde" malgré de gros doutes. Elle écrivit ses mémoires d'une valeur littéraire remarquable et finit dans une cellule comme un chartreux déclarant à qui voulait l'entendre qu'elle était porteuse d'une terrible malédiction. Sa tombe est encore visible (et visiblement bien entretenue et fleurie) à Ussat les bains à quelques encablures du Chateau de Montségur, autre lieu d'une autre tragédie.

Des tonnes de papier seront noircis, des kilomètres de pellicules seront developpées mais le mystère restera entier : qu'est ce qui a tué Le sieur Jean-Baptiste Lafarge alors qu'il cherchait à percer le secret des Chartreux ? La réponse est peut-être dans la question ? Et quel est donc ce mytérieux specte encapuchonné qu'a pu rencontré Marie Lafarge dans les ruines du Glandier ?


- A voir : "L'affaire Lafarge", film de Pierre Chenal avec Pierre Renoir et Erick Von Stroheim (1938)
- A voir : "De mémoire d'homme" téléfilm de Jean-Pierre Marchand (1978)

Il est à peu prèt évident que Marie Lafarge a fortement inspiré Gustave Flaubert pour crée le personnage de "Madame Bovary" et même Léon Tolstoï pour le personnage d'Anna Karénine.

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Mais l'histoire du Glandier est loin d'être finie. :!:

...A suivre


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Dim Janvier 31, 2010 13:14 
3ème partie

La Chartreuse de Glandier, par l'intérmédiaire de ce fait curieux, est donc devenue célèbre en Europe en plein milieu de ce XIXème siècle propice aux révolutions de masse et au sentimentalisme (Mouvement Romantique).

Marie Capelle-Lafarge, descendante de la branche cadette des Bourbons, mais abandonnée par elle, cristallise toutes les pensée avides de changement. Certains défenseurs de Marie Lafarge voit en elle un des premiers défenseurs de la cause féminine (George Sand puis, plus tard, Gustave Flaubert) sans se rendre compte qu'ils l'enfoncent un peu plus dans son (faux) rôle tragique d'empoisonneuse.

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Mais, à l'époque, politique aidant (toujours cette "satanée" politique), on est totalement passé à côté, non seulement de la réalite de l'évènement mais aussi de ce que cache ce "mystère de la Chartreuse du Glandier" dans tous les sens du terme. Car les "mystères Cartusiens" existent bel et bien :
- Mystère et Mystique ont la même racine et les Chartreux ne se cachent pas de consacrer leurs vies à la contemplation. Mais une contemplation extrème qui n'est pas sans évoquer les plus grandes forces mystiques des sages orientaux de l'hindouisme et du bouddhisme. Une partie de la communauté cartusienne ne se consacre, d'ailleurs qu'à cela.
- Mystère de la foi, certes, mais il y a aussi un mystère bien plus concret, plus physique, dirais je, car l'ordre des Chartreux est un ordre de "chercheurs", créant non seulement des breuvages - liqueur absolument phénomènale associée à une couleur et qui en a subjugué plus d'un (1) - Les moines de cette ordre sont aussi des maitres constructeurs, architectes et charpentiers capables de construire des villages entiers (2) (car les prieurés cartusiens sont des structures quasi urbaines, des micro sociétés avec tout le nécessaire : boulanger, boucher, ébeniste, imprimeur, comptable, préposé au courrier, forgeron , agronome et même aujourd'hui électricien, mécanicien. Les frères maitrisent d'ailleurs aujourd'hui le domaine informatique avec une rare compétence). Au XIXème siècle, la pointe du progrès, c'était de maitriser l'art de l'affinage et donc de la métallurgie industrielle qui allait radicalement changer le monde... Il semble aujourd'hui certain que les Chartreux de Glandier avaient, non seulement compris très tôt la technique dit du puddlage (3), mais aussi comment l'améliorer et débarassant la fonte de ses impuretés chimiques. C'est ce procédé que semblait avoir compris le sieur Lafarge quand il décéda de façon tragique... juste après avoir trouvé les fonds pour le mettre en application (?)

N'oublions pas que l'ordre des Chartreux est un des ordres les plus hémertiques qui soient, et son organisation est hyper structuré. Si, comme je l'ai déjà écrit, les Pères Chartreux vivent dans un retrait absolu du monde, les Frères (eux-mêmes divisé en deux catégories), sont bien plus ouvert sur le Monde extérieur et ils sont (notamment) chargés de l'organisation économique et administrative de l'ensemble de la communauté.

Bref, revenons à notre Chartreuse du Glandier.

Après ce retentissant procès de Marie Lafarge, tout retomba assez vite, et l'unique Chartreuse Corrézienne sembla plus abandonnée que jamais. La nature allait donc dévorer ce monument, sa forge et ses lieux consacrés à moitié démolis par la bétise du sieur Lafarge. Tout semblait terminé...

Eh bien, non ! Contre toute attente, les Chartreux revinrent : ils attendirent un peu (en fait, la mort de Marie en 1852) et ils négocièrent avec la famille Lafarge le rachat du périmètre de l'ancien monatère et de son périmètre de "solitude". Il en vint un, puis, deux, puis plein d'autres et la Charteuse de Glandier se reconstrusit en un rien de temps. La région de Pompadour en plein marasme économique durant l'absence des Chartreux retrouva un certain dynamisme et chose incroyable, l'exode rural qui semblait être uen fatalité des cantons de Pompadour, de Vigeois et d'Objat se retrouva stoppé et entama une rapide marche arrière jusqu'au début du XXème siècle avant de reprendre sa marche descendante.(4)

Que s'est il passé au début du XXème siècle ? Exactement ce qui s'est passé en 1789. La séparation de l'Eglise et de l'Etat entraine la dissolution des ordres religieux et le Président du Conseil Emile Combes demande aux ordres de se plier à la Loi de la République ou de partir (on ne rigolait pas avec la laïcité en ce temps là) mais ce qu'il y a de difficile à comprendre c'est l'acharnement avec lequel les Charteux (et des congragation du même type) furent traités. Cette fois-ci la population du secteur pris fait et cause pour les moines et on fut au bord de la guerre civile. Mais les Chartreux, à l'inverse de ce qui s'atait passé 112 ans auparavant, semblèrent céder très vite au grand soulagement des autorités et du Préfet de Tulle. En septembre 1901, la quasi totalité de la congrégation prit le train et s'installa en Belgique près des marais de Saint-Trond (Limbourg belge) ou une épidémie, semble-t-il foudroyante, emporta la quasi totalité des pères en moins de six mois.

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La Chartreuse se retrouva, de nouveau vide, mais il n y eut aucun pillage et un inventaire précis fut étabi. Les portes de refermèrent sur un silence de mort et tout le monde évita de venir tourner autour de cette Chartreuse. Le Mythe pouvait commencer...

Malgré certaines ambitions de vouloir faire de cette Chatreuse un lieu d'habitation pour diverses communautés agricoles ou industrielles, l'ancien monastère "chassa" tous ceux qui voulaient s'y installer. Des feux spontanés semblaient vouloir démarrer de partout et plusieurs fois les pompiers de Vigeois, d'Uzerche et même de Brive durent se déplacer sur les lieux. On évoquait pour cet endroit, des scènes étranges : spectres de moines encapuchonnés traversant la cour, orage fréquent et décharge de foudre qui, disait on, se centralisait sur le cimetière du cloitre. On évoquait également des appels au secours et les plus imaginatifs semblaient y reconnaitre la voix de Jean-Baptiste Lafarge que la plupart n'avaient, bien sur, pas pu connaitre (il était mort depuis plus de 60 ans) !! Pourtant les gendarmes de Vigeois dépéchés sur les lieux semblèrent bien reconnaitre une voix d'homme qui appelait à l'aide : une fouille minutieuse fut faite et on ne trouva personne...

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C'est à peu près à la même époque (et certainement pour ces raisons) que le jeune Gaston Leroux, un futur écrivain à succès et bientôt auteur des ouvrages "le mystère de la chambre jaune", "le fantome de l'opéra" et créateur de "Rouletabille" et "Chéri bibi" s"intéressa au Glandier. Nous sommes autour de 1905/1906.


(1): Notamment Quentin Tarentino dans son film Death Proof et Scott Fittzgerald dans son roman Gatsby le magnifique

(2): le village de Sainte Croix en Jarez ( Loire ) est un village entièrement "reconditionné" dans une ancienne Chartreuse de la même époque que celle du Glandier. http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Croix-en-Jarez.

(3) : c'est avec cette technique que Gustave Eiffel construisit une partie de sa célèbre Tour

(4) : Démographie de la Corrèze http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mog ... rr%C3%A8ze

A suivre...


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Dim Janvier 31, 2010 18:19 
4ème partie

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A l'époque (1901) où se situe la tragique expulsion des congragations religieuses dont celle des Chartreux, Gaston Leroux (1) est un jeune journaliste de 33 ans, tout d'abord spécialisé dans les grands procès de cours d'assises et il n'est pas impossible que ce fut durant cette période qu'il s'intéressa à l'affaire du Glandier dit aussi "Affaire Marie-Lafarge", vieille, pourtant, de plus de 60 ans mais qui était très connu (et l'est encore) des spécialistes des affaires criminelles.

Mais au début de l'année 1901, G. Leroux va se tourner vers le grand reportage, car il a soif de notoriété et veut se faire un nom... Il commence par parcourir le monde à la recherche de faits plus ou moins mystérieux. En 1905, suite à un passage à Moscou et St Pétersbourg, il sera un des premiers journalistes à pressentir l'écroulement de l'Empire des Tzars et son style littéraire très descriptif mais plein d'envolée lyrique eut le mérite de plaire au grand public. Je me suis toujours demandé pourquoi cet homme n'est plus trop reconnu aujourd'hui comme un des premiers spécialistes de la littérature moderne. Il aurait pu être, sans rire, le sujet d'une chanson du groupe "Indochine" dans les années 80 !

D'ailleurs, Gaston Leroux, encouragé par ses succès journalistiques va se lancer dans la littérature et son premier "grand" roman, écrit en 1908 (écrit à 39 ans) présente au début de son chapitre IV, ces quelques mots :

Citation:
"Le Glandier, autrefois « Glandierum », s’appelait ainsi du grand nombre de glands que, de tout temps, on avait recueillis en cet endroit. Cette terre, aujourd’hui tristement célèbre, avait reconquis, grâce à la négligence ou à l’abandon des propriétaires, l’aspect sauvage d’une nature primitive ; seuls, les bâtiments qui s’y cachaient avaient conservé la trace d’étranges métamorphoses. Chaque siècle y avait laissé son empreinte : un morceau d’architecture auquel se reliait le souvenir de quelque événement terrible, de quelque rouge aventure ; et, tel quel, ce château, où allait se réfugier la science, semblait tout désigné à servir de théâtre à des mystères d’épouvante et de mort."(2)


Leroux a décidé de renouveller le genre policier (on dirait aujourd'hui un "thriller") pour tenir en haleine le lecteur. Disparitions mystérieuses, morts inexpliquées, personnages quasi diaboliques, rebondissements à "tiroir" : tout y est. Il l'avoue lui-même : tout est inventé, tout est nouveau, et sa narration décrit une pure fiction. Ce roman porte un titre, aujourd'hui célèbre :"Le mystère de la Chambre jaune"

Pourtant, au fil de ce premier roman, on se rend compte immédiatement que Gaston Leroux, qui décrit un château soit-disant imaginaire située en banlieue parisienne ( à la limite de Villemoisson et de Sainte Geneviève des Bois), nous dépeint en fait la Chartreuse de Glandier en Corréze. D'ailleurs, il ne s'en cache pas et dans un sublime clin d'oeil, il nomme ce lieu si mystérieux :"Chateau du Glandier" et nous prouve qu'il fait référence à quelque chose qu'il connait... Car G. Leroux est bien venu à Pompadour, plusieurs personnes ont pu en attester et il a visité l'ancienne Chartreuse plus ou moins abandonnée mais, tout de même, très bien entretenue par la collectivité (les bâtiments, en grande partie en brique rouge, sont de très bonne facture) et le journaliste tombe sous le charme. Il voudrait décrire les lieux dans un de ses romans, mais il veut écrire un roman moderne et la référence aux Chartreux ne lui plait guère. De plus, il craint que trop de publicité pour le lieu soit préjudiciable pour la nature préservée de ce petit coin de la Corrèze et il transpose sa fiction policière dans la Région Parisienne. (2)

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Leroux croit-il au fantomes ? Avant l'âge de 35 ans, il semble bien que non. L'homme est pragmatique, un brin agnostique mais, peu de temps avant d'écrire "le mytère de la chambre jaune", son attitude change et il devient nettement plus mystique. Il n'écrit, lui même, strictement rien sur l'affaire Lafarge, cependant, son ami Arthur Bernède (3) le fera à sa place (mais après la mort de Leroux) et, chose surprenante, Bernède sera le premier à reprendre une bonne partie des mémoires de Marie Lafarge qui décrit son calvaire dans l'ancienne Chartreuse dite hantée. Alexandre Dumas, ami personnel de Madame Lafarge n'avait pas osé aller si loin dans sa biographie, 50 ans auparavant et n'avait pas évoqué les fantômes de la Chartreuse de Glandier par peur de faire passer la "bâtarde" d'Orléans pour une demi-folle.

Il est donc à peu près acquis que Gaston Leroux est certainement convaincu de l'existence des fantomes, esprits et autres spectres à son retour de Glandier et au fur et à mesure qu'il avance dans sa littérature, son ton se fera de plus en plus mystique...

En attendant, le sort de la Chartreuse de Glandier, plus ou moins voué à l'abandon, a évolué. Au début, la collectivité qui avait spolié les Chartreux ne savait pas trop quoi en faire : on voulu le louer par lot à des particuliers mais, bizarrement, cela ne se bouculait pas au "portillon" !! On en fit ensuite un centre d'accueil pour les enfants belges victimes de l'invasion de leurs pays par les allemands en 14/18, puis un centre de convalescence pour les agents malades de la Mutuelle des Gaziers de France (future GDF). A chaque fois les gens étaient bien pressés de partir sans qu'on en comprenne exactement la raison. Puis une personne (certainement un élu local) trouva "LA" bonne idée :!:

La tuberculose est une maladie encore très présente au milieu des années 20 (dans les classes modestes) et le seul moyen sanitaire que trouve les autorités, c'est d'installer "leurs" malades, loin des grandes villes, en pleine campagne ou l'action du soleil et du bon air pourra, semble-t-il, les aider à guérir. En fait cela ressemble plutôt à des mouroirs. La Mutuelle des Gaziers céda donc la Chartreuse et ses annexes pour une bouchée de pain et sans discuter pour un montant de 460.000 francs de l'époque. Autrement dit, retranscrit de nos jours, le Département de la Seine (C'est à dire Paris et sa petite couronne) fit l'acquisition de plusieurs dizaine d'hectares de terrains et l'équivalence d'un village entier pour 400.000 euros d'aujourd'hui (l'équivalent d'un F2 près de la gare Montparnasse à Paris ou d'une petite maison de grande banlieue !) (4)

Le destin du Glandier redevint donc tragique et aux derniers souffles des anciens Père Chartreux désespérés vinrent venir s'associer ceux des jeunes tuberculeux loin de chez eux.

La Chartreuse est donc devenu, dans les premiers temps, un mouroir pour les enfants et adolescents des classes surtout modestes originaires de Paris et de sa petite couronne. L'ancienne Chartreuse étant située à plus de 550 km de Paris et à plus de 8 heures de train ( changement à Limoges ou à Brive ), donc pas question en ces temps ou les congés payés n'existaient pas que les parents viennent assister leurs enfants au moment le plus tragique... La Chartreuse continue d'exister... mais à quel prix. :?:

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Petit à petit, le progrès aidant, les choses vont tout de même s'améliorer, et le "sana" va se transformer en Préventorium puis, progressivement, les malades vont se faire de plus en plus rare. D'autant plus qu'à son habitude les pensionnaires sont pressés de quitter les lieux, très oppressants, selon le témoignage personnel que j'ai reçu de l'un d'entre eux...

Le temps des préventoriums et des sanataoriums va bientôt se terminer et la Chartreuse du Glandier va peut-être enfin s'arréter d'exister... Mais c'est alors qu'une autre personne (encore un élu mais parisien, cette fois-ci), hélas, trouva encore "LA" bonne idée. Et,nous sommes en plein milieu des années 60 :!:

Je vais donc bientôt entrer en scène et le prochain (et dernier) chapitre va vous présenter dans quelles circonstances, je me suis retouvé à me ballader plusieurs nuits d'hiver au coeur des couloirs de cette mystérieuse et finalement bien oppressante Chartreuse de Glandier alors que le sort de l'Europe était en train de basculer !

(1) Une très intéressante "bio" de Gaston Leroux (lisez bien) http://www.gaston-leroux.net/biographie.htm

(2) http://www.rouletabille.perso.cegetel.n ... ndier.html

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Bern%C3%A8de

(4) équivalent franc 1920/ euro 2010 : http://www.insee.fr/fr/themes/indicateu ... tfranc.htm

A suivre...


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Lun Février 01, 2010 18:21 
5ème partie

Quoi de plus sensationnel que de mettre les pieds dans un endroit aussi magnifique que dans cette ancestrale Chartreuse du Glandier, en plein cœur du Pays « vert » de Pompadour (surtout que je suis arrivé au cœur de l’été) ?

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Ce sont, en fait, des raisons professionnelles qui m’amenèrent sur ces lieux avec ma petite famille, pour une période de six mois, en 1989. Normalement, j’aurais du rester plus longtemps, mais des problèmes liés à l’organisation interne l’établissement (à l’époque), me contraignirent, ensuite, à quitter l’endroit rapidement.

Bref, ce séjour idyllique au niveau environnemental, mais catastrophique au niveau professionnel (très mauvais accueil) me laissa, pour le coup, une impression mitigée. Ce n’est que quelques années plus tard, et rétrospectivement que je me suis rendu compte que je n’aurais jamais du y aller.

Reprenons le fil historique de mon récit :
- La tuberculose ayant pratiquement disparue de France dans les années 60, il était évident que, s’il fallait que l’établissement public situé dans cette Chartreuse continuât d’exister, il était nécessaire qu’il change de mission ! C’est donc une volonté politique du Conseil de Paris qui transforma la Chartreuse en Etablissement d’Accueil pour enfants handicapés mentaux et, ceci, pour deux raisons : continuer à assurer l’emploi des personnes y travaillant ainsi que celles des fournisseurs locaux mais aussi résoudre le problème de prise en charge des enfants déficients mentaux sévères en manque de structure d’accueil sur Paris. Tout en réalisant de sérieuses économies, car on en revient toujours à une affaire de gros sous. Malheureusement, l’établissement garda (tout de même) sa vocation de mouroir, mais à plus longue échéance car lorsque les pensionnaires devinrent adultes, la Chartreuse se transforma en Etablissement pour adultes d’accueil déficients mentaux, en grande majorité des personnes souffrant de formes d'autismes et de troubles envahissant du développement plus ou moins sévères... (1)

Des personnes qui, en tout cas, passeront toute une vie, loin de leurs familles, doublement enfermées par un handicap, par un mur et des hectares de campagne ! Tout cela dans des conditions, certes, conforme à ce que l’on doit attendre de ce genre de structure, mais il y a de quoi, tout de même vous fendre le cœur en deux…

Peu de temps après mon arrivée (mouvementée, mais je passerais sur les détails), on me donna les clefs d’un très grand logement pour accueillir ma famille (deux petites filles, un petit garçon) et qui s’avéra être l’ancien logement de fonction du coadjuteur de la Chartreuse. (Le coadjuteur était une sorte d’adjoint du Prieur, chargé des affaires courantes liés à l’organisation de la Communauté ). La Chartreuse n’avait, en fait, pas tellement changé de vocation en 800 ans, en quelque sorte : c’était toujours un petit village grouillant de vie ou chacun faisait ce qu’il avait à faire. Seul le vœu de silence avait été rompu… Il y a avait un centre d’aide par le travail pour les Personnes handicapés les plus autonomes et trois foyers de vie dont l’un dénommé Maison d’accueil spécialisé hébergeait les cas les plus sévèrement atteints.

Mon appartement était très vaste (plus de 300 m2) et se situait sur deux niveaux, juste au-dessus de la maison d'accueil spécialisée. Il comptait même un petit jardin (à l’époque cartusienne, il avait du avoir une vocation potagère) ou mon unique et adorable petit garçon d'un peu moins de deux ans pouvait s'amuser sans danger (il y avait même une balançoire) ! L'intérieur de l'appartement est assez haut de plafond, présentait des moulures ornementées du meilleur effet et il y avait également un magnifique plancher en parquet !! Petit à petit, je me renseignais sur le passé de cette magnifique Chartreuse pour en savoir à peu près autant de ce que vous avez appris dans mes précédents chapitres. Sur la photo, ci-dessous, mon logement de fonction est au premier plan (maison sur deux niveaux, à gauche).

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Architecturalement, en 1989, les bâtiments étaient, grosso-modo, restés dans l’état dans lequel les Chartreux l’avaient laissé lors leur départ prématuré de 1901. Plutôt que de vous faire un état des lieux fastidieux, je vais vous présenter sommairement le monastère qui se découpe, en gros, en deux parties distinctes : d’un côté le Cloître, proprement dit, avec sa cour, son église, ses logements de fonction, ses communs (cuisine, atelier), son réfectoire et, de l'autre ses grands couloirs voutés qui réunissaient la première partie aux cellules des pères entourant une seconde cour fermée... L’architecture des Chartreuses se présentant très souvent sur un plan identique : on entre toujours par une sorte de cour commune ou sont rassemblés le cloitre et les "communs". Les cellules, étant toujours situés derrière l'église et les parties communes, comme "protégées" de l'étranger...

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Malgré une certaine noblesse, l’ensemble donne une impression assez étouffante, voire assez morbide particulièrement la nuit. (associé à l’odeur d’infirmerie du côté du Cloître, cela vous met très rapidement mal à l’aise)

A la faveur de mon activité professionnelle, j’ai donc pu parcourir tous les couloirs, quasiment tous les services, des caves, jusqu’au moindre atelier, la moindre cellule (du moment qu’elle était libre de tout occupant ) et je dois dire qu’au regret de certains, je n’ai pas croisé le moindre fantôme, pas plus de moine encapuchonnée (sauf celui consacré à l’exposition qui me fit bien peur, un soir) ni le spectre du sieur Lafarge ou de qui que ce soit d’autre…

Image

Au niveau nocturne, aucun bruit réellement suspect dans le sens « paranormal » du terme. Les cours d’eau souterrains, le vent dans les toitures et le cri des divers animaux dans la nature toute proche donnant, tout de même, un ambiance assez originale, voire inquiétante pour une personne habituée qu’aux bruits de la ville. Il y avait bien quelque chose, une sorte de menace diffuse flottant dans l’air, mais je n’ai jamais pu réellement définir ce que je ressentais dans ces lieux. Un ensemble contradictoire de confort, de plénitude, paradoxalement associée à une forte impression d’être sous une menace constante qui n’avait rien à voir avec les raisons professionnelles indiquées auparavant.

Cette impression resta très forte, tout le long du séjour.

Par contre, sans vouloir trop reprendre une phrase bien connue des amateurs de fantastique, je pense que la réalité du mystère de cette Chartreuse est ailleurs. Bien plus profonde et peut-être en fait, encore bien plus effrayante, car je ne suis pas prêt d’oublier les conséquences de cette visite.

A noter, pour détendre l’atmosphère un peu lourde de mon récit que mon passage dans cette Chartreuse eut lieu durant la fameuses libération des Pays d’Europe de l’Est et de la chute du mur de Berlin et que je n’appris cette grande nouvelle qu’après avoir quitté la Chartreuse. C’est vous dire à quel point mon esprit était occupé...

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Autisme

FIN

---------------------------------------------------------------------------------------

Epilogue

Pour ne pas terminer sur une fausse impression qui consisterait à croire qu'il n'y avait rien à dire sur mon passage dans ce lieu remarquable et si chargé en histoire, je dois, en forme de conclusion vous déclarer que petit à petit, nous sommes rendus compte que le passage dans cette Chartreuse a changé notre destin.

Pendant notre séjour, il s'y est passé quelque chose, c'est certain.

Mais pas des apparitions du genre spectrale ou hollywoodienne ! Quelque chose de bien moins spectaculaire mais beaucoup plus lourd à porter
... et pour ceux qui savent lire entre les lignes, relisez bien tout mon texte et regardez mon pseudo - cherchez sur google - et vous trouverez la clé !
non la clé des songes, mais la clé de mon cauchemar...

Jean-Paul


Dernière édition par la chambre bleue le Lun Février 01, 2010 20:12, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Lun Février 01, 2010 19:02 
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Excellente présentation d'un lieu hanté qui , finalement, ne semble pas en être un malgré son histoire troublante. encore Bravo!

Pour la "chambre bleue", nous avons la nouvelle de Prosper Mérimée ou un site sur les "troubles envahissant du comportement", ce qui nous rapprocherait de ton histoire et de la vocation actuelle du "Glandier"... je n'irai pas plus loin dans mes suppositions mais en effet ce pourrait être ce que tu évoques comme un cauchemar...

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"le caméléon n'a la couleur du caméléon que lorsqu'il est posé sur un autre caméléon".


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Lun Février 01, 2010 19:12 
polterguest35 a écrit:
Excellente présentation d'un lieu hanté qui , finalement, ne semble pas en être un malgré son histoire troublante. encore Bravo!

Pour la "chambre bleue", nous avons la nouvelle de Prosper Mérimée ou un site sur les "troubles envahissant du comportement", ce qui nous rapprocherait de ton histoire et de la vocation actuelle du "Glandier"... je n'irai pas plus loin dans mes suppositions mais en effet ce pourrait être ce que tu évoques comme un cauchemar...


Bien vu, polterguest35, le site en question, c'est :
http://monsite.orange.fr/lachambrebleue/


Dernière édition par la chambre bleue le Lun Février 01, 2010 19:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Lun Février 01, 2010 19:18 
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Je crois avoir trouvé clé...

En tout cas, je te tire mon chapeau, pour le style de ce récit digne d'un romancier, et ce courage qui t' habite depuis tout ce temps.


:wink:


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 08:07 
Merci pour les compliments :oops:


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 10:13 
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Très bon style d'écriture, recherches fort interessantes, mais je ne comprends pas.... Tu associes "l'autisme" d'un de tes enfants (est-ce cela ?) à ton passage dans ces lieux ? si oui, en quoi cela te semble t'il lié ?

Je ne comprends pas non plus pourquoi ce lieu te semble hanté ? Il me semble que c'est la vie d'un certain nombre de vieux bâtiments qui, au fil du temps, ont eu des occupants "étranges" et/ou des activités divers et variées (habitation, hôpitaux, kommandantur (ortho ?), écoles, prisons etc.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 10:23 
Non, je ne dis pas ça (du moins pas de façon explicite), mais je dis simplement que le hasard - ou les coïncidences de la vie - entrainent des idées bien effrayantes...


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 11:58 
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Passionnant ...


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 12:46 
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Personnellement je pense que certains lieux, dotés de par leur vécut d'une grande négativité, ou d'ondes néfastes peuvent entraîner des problèmes aux personnes y habitant.

Pour exemple, ne dit-on pas qu'un grand stresse peu déclencher un cancer déjà en sommeil dans le corps d'un humain ?

Donc des années de souffrance accumulées et " imprégnées " dans les murs d'une habitation ne peuvent-elles pas agir sur les personnes au contacts de ces murs ?

C'est une théorie qui n'engage que moi :)


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 13:14 
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Cette fameuse théorie (la mémoire des murs) est en effet séduisante, mais sujet à controverse car elle demeure hélas invérifiable :?

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 14:04 
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Je ne sais pas trop... Dans n'importe quel bâtiment ancien, il y a toujours une histoire assez chargée. Ce n'est pas pour cela que les gens tombent malades (prenez le cas de n'importe quel château... Il y a souvent une histoire qui y est rattachée, des assassinats, empoisonnements, morts de maladies avec agonie "sympathique", accidents etc. Les propriétaires actuels ne semblent pas souffrir spécialement de maladies).

Le Glandier est-il habité actuellement ?

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 14:14 
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Inscription: Dim Novembre 18, 2007 14:40
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Minia a écrit:
Je ne sais pas trop... Dans n'importe quel bâtiment ancien, il y a toujours une histoire assez chargée. Ce n'est pas pour cela que les gens tombent malades (prenez le cas de n'importe quel château... Il y a souvent une histoire qui y est rattachée, des assassinats, empoisonnements, morts de maladies avec agonie "sympathique", accidents etc. Les propriétaires actuels ne semblent pas souffrir spécialement de maladies).


En effet. Je me suis d'ailleurs toujours demandée s'il ne pouvait pas justement y avoir un lien de cause à effet avec le fait de connaître le passé d'une demeure. Psychologiquement cela peut avoir des répercussions sur certaines personnalités plus facilement impressionnables, d'où un risque de mal interpréter certains phénomènes qui sont alors automatiquement associés à un problème de hantise.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 16:58 
Minia a écrit:
Le Glandier est-il habité actuellement ?


Tout à fait ! C'est, aujourd'hui une Etablissement Public qui dépend du Département de la Corrèze. Sa mission est toujours la même... Certains pensionnaires handicapés mentaux y sont entrés il y a plus de 45 ans. Aucun autre établissement, en France ou en Europe ne possède une telle durée de "prise en charge" (même au niveau pénitentiaire)... Il pourrait, à ce titre, être inscrit au livre des records... Mais peut on s'en glorifier ?

http://etablissements.fhf.fr/annuaire/h ... struct=435


Dernière édition par la chambre bleue le Mar Février 02, 2010 17:26, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 17:04 
Ce qu'il y a de terrible dans cette histoire du Glandier, c'est bien que n'ayant jamais été une prison, son usage a été essentiellement lié à l'enfermement d'une population totalement isolée physiquement et mentalement (même si c'était volontaires de la part des pères Chartreux). Et que ce poids, cette force (je ne sais comment l'appeler) se retrouve dans mon fils, homme véritablement "emmuré" dans sa propre pensée...

Et c'est là-bas que tout a commencé pour lui ! N'y-a-t-il pas de quoi être troublé ?


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mar Février 02, 2010 17:22 
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Inscription: Lun Juillet 31, 2006 17:03
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Personnellement je serais troublée, notamment par cette méchante coïncidence du lieu et du déclenchement de l'autisme de votre fils, je pense que j'aurais moi aussi fait le lien... oui...

En fait c'est comme s'il y avait une cause à effets.


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Mer Février 03, 2010 09:04 
Il ne restera plus qu'à lancer, un jour, sur ce forum, un fil sur l'autisme et les troubles dits "envahissants du développement". Mais sur des bases sérieuses...

Pourquoi pas ?


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Dim Février 21, 2010 22:08 
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Magnifique étude complète d'un lieu que je ne connaissais pas. Bravo Jean-Paul, beau travail ! :)


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Dim Janvier 04, 2015 19:20 
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Quelle surprise pour moi de tomber sur ce magnifique post de "Chambre Bleue".

J'aurai 54 ans cette année et je suis un ancien pensionnaire du Glandier. J'y ai été suivi pendant un an et demi vers mes 6 ans (dans les années 60) pour une primo-infection et à cette époque il y avait déjà une partie réservée aux déficients mentaux. Je suis tombé par hasard sur votre forum car, dernièrement, les aléas de ma vie m'ont fait étrangement remonter le temps. En effet, je repensai souvent à ce préventorium et, chose bizarre, la Corrèze viens à nouveau à moi dans des circonstances plutôt négatives que je n'étalerais pas ici.

Voici ce que j'ai noté dernièrement en présentant le prévent :

Voici un lieu qui à marqué mon esprit et où j'ai vécu, enfant, un certain traumatisme. Je me rappelle y avoir perdu un camarade dont on à retrouvé le corps dans la rivière car il voulait "s'en échapper définitivement". Je me souviens des brimades de certains pensionnaires plus âgés, des mains qui devaient être croisées sur la couverture quand on se couchait, de la peur que nous inspirait le surveillant, cette peur qui nous clouait au lit et nous interdisait de nous lever ne serait-ce que pour aller aux toilettes. Je me souviens d'un lieu pesant et lourd, de cette écrasante sensation d'être observé en permanence et tenu pour moins que rien. Je me souviens de la solitude extrême dans laquelle je me trouvais alors plongé, petit bonhomme de 6 ans, loin de ceux que j'aimais. Et tous ces souvenirs m'assaillent aujourd'hui. Leur goût amère, celui de la Corrèze pourtant si jolie, revient hanter mon quotidien... cette Corrèze qui m'a replongée, presque un demi-siècle plus tard dans ce même sentiment de désespoir intense pour d'autres raisons. Attiré de nouveau par cet endroit, je m’aperçois qu'il a un passé chargé de souffrances, les guerres de religion, la révolution ne l'on pas épargné... et que l'"Affaire Lafarge", ce procès pour meurtre qui à défrayé la chronique en 1840 avait pour cadre sinistre ce même endroit : La Chartreuse du Glandier.
C'est ici que j'ai laissé une grande part de moi-même, peut être qu'un jour je trouverais le moyen d'aller l'y rechercher.


Alors je ne sais pas si mes actuels problèmes découlent de mon séjour dans ce lieu par l'opération de je ne sais quel esprit, mais je penses par contre qu'il à pu influer fortement sur mon psychisme à cette époque pour faire de moi ce que je suis devenu et de ce fait m'amener à cette situation inextricable que je vis actuellement. L'ambiance lourde et la sensation de tristesse que j'y ai ressentis à l'époque ne venait pas seulement du fait que j'étais un petit garçon éloigné de sa famille. Je reste persuadé que les lieux eux mêmes y ont joués un rôle car ma tristesse actuelle m'a ramenée peu à peu vers leur souvenir et semble me souffler d'y retourner. Le psychisme de l'homme est une chose compliquée.


Dernière édition par Dagnir le Lun Janvier 05, 2015 02:48, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Dim Janvier 04, 2015 22:05 
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Tout d'abord bravo chambre bleue pour cette article fort intéressant et bien écrit. il y a du boulot derrière, c'est super!

On ne parle pas de paranormal mais lieu troublant vu les expériences personnelles...l'esprit et ces mystères..... :wink:


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Lun Janvier 05, 2015 01:20 
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Inscription: Dim Janvier 04, 2015 18:35
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Et c'est vraiment le lieu. Je m’aperçois que l'on peut se méprendre sur mes propos et penser que c'était une sorte de prison avec un personnel barbare et bourreau d'enfants. Mais mes souvenirs, pour ce qu'ils sont, me rappellent aussi ma gentille institutrice, certaines infirmières attentionnées... Je voulais juste préciser cela.


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 Sujet du message: Re: Etude d'un lieu hanté : le cas du "Glandier" (Corrèze)
MessagePosté: Lun Janvier 05, 2015 10:07 
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Inscription: Jeu Décembre 18, 2014 18:26
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Merci pour toutes ces info !


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